Главная страница «Первого сентября»Главная страница газеты «Французский язык»Содержание №13/2008

Je vous salue, ma France

Les citations les plus connues des philosophes français

« Je pense, donc je suis », extrait du Discours de la méthode de Descartes, et « Il faut cultiver notre jardin », la conclusion de Candide, conte philosophique de Voltaire – voilà deux formules souvent citées, la première comme modèle de raisonnement, la seconde comme démonstration de sagesse. Les Français auraient-ils la tête philosophique ? Repassons leurs classiques pour le vérifier !

Les philosophes, juges de la philosophie

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René Descartes (1596-1650)

De la renaissance à nos jours, une solide tradition philosophique s’est développée en France. Elle ne veut ni se fonder sur un dogme ni s’abriter derrière des certitudes. Parmi les premiers, Michel de Montaigne (1533-1592) écrit dans les Essais : « Philosopher, c’est douter ». Ensuite, Blaise Pascal (1623-1662) se défie des évidences dans ses Pensées : « Il n’est pas certain que tout soit certain ». On retrouve un écho de ce principe chez Auguste Compte (1798-1857) : « Tout est relatif et cela seul est absolu ».

Dès le XVIIIe siècle, ce scepticisme fondamental a mené à la remise en question des croyances religieuses : « Le premier pas vers la philosophie, c’est l’incrédulité », écrit Denis Diderot (1713-1784). Émile Chartier Alain (1868-1951) le dit plus radicalement : « Penser, c’est dire non ».


S’interroger sur soi-même

Au XVIIe siècle, Pascal écrit dans ses Pensées : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Un siècle plus tard, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) découvre en lui une forme de sagesse : « La source du vrai bonheur est en nous ». Ainsi sont jetées les bases d’une morale : « Ne pouvant régler les événements, je me règle moi-même ». Albert Camus (1913-1960) va partir du même postulat : « L’important n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux ». Il débouche sur une morale laïque de la compréhension et de la solidarité : « Je ne connais qu’un devoir : c’est celui d’aimer ».

Toutefois, le penseur doit éviter de se prendre trop au sérieux : « La gravité est le bouclier des sots », assure Charles de Montesquieu (1645-1755). Le moraliste Jean de La Bruyère (1646-1696) nous donne, dans Les Caractères ce conseil judicieux : « Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri ». Et Simone de Beauvoir (1908-1986), en écrivant Pour une morale de l’ambiguïté , nous met en garde contre l’excès de gravité : « L’homme sérieux est dangereux : il est naturel qu’il se fasse tyran ».


Le monde et la société

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François Marie Arouet Voltaire (1694-1778)

Le philosophe ne saurait se désintéresser du monde qui l’entoure, et d’abord de l’univers pris dans sa totalité. On connaît la fameuse formule de Pascale qui déclare : « L’homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant ». Et François de La Rochefoucauld (1613-1680), impitoyable dans son analyse, écrit dans ses Maximes : « Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés ».

La vie en société n’est pas simple. Jean-Paul Sartre (1905-1980) le fera dire à l’un des personnages de sa pièce Huis clos : « L’enfer c’est les Autres ». Pourtant, il faut bien vivre ensemble, et la fraternité est la seule solution. Sartre lui-même en est persuadé : « Je ne connais qu’une Eglise : c’est la société des hommes ».

Mais certains veulent d’abord faire table rase de tout ce qui existe, tel est l’anarchiste Pierre Proudhon (1809-1865), pour qui « agir, c’est combattre » et qui lança une formule, reprise par le marxisme : « La propriété, c’est le vol ».


Vivre et mourir

Dans tous les cas, le philosophe cherche une règle de vie. L’intelligence prime alors pour les uns, comme Descartes : « La raison est la seule chose qui nous rend hommes ». D’autres exaltent le rôle du cœur. Ainsi Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) écrit dans son Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Pour sa part, Sartre préfère la notion de responsabilité individuelle : « Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut, mais on est responsable de ce que l’on est ». Cela exige néanmoins une discipline qui ne convient pas aux idéalistes et aux rêveurs, à tous ceux qui disent avec Jean-Jacques Rousseau : « Le pays des chimères est, en ce monde, le seul digne d’être habité ».

Quoi qu’il en soit, toute pensée sur la vie mène à l’idée de la mort. Or, « le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », disait La Rochefoucauld. Puisque la mort est à l’œuvre chaque jour, le mieux est de savourer ces journées, comme le disait Montaigne dans ses Essais : « Mon métier et mon art, c’est de vivre ».

(d’après Pratique et maîtrise de la langue française)

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